Noni - Morinda citrifolia

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Historique du Noni

On pense que les Polynésiens font un usage médicinal du Noni depuis plus de 2 000 ans. Traditionnellement, toutes les parties de la plante sont utilisées : feuilles, racines, écorce, fleurs et fruits. On a répertorié une quarantaine de remèdes traditionnels renfermant l'une ou l'autre des parties de la plante.

Les usages externes comprennent principalement le traitement des blessures, des plaies et de l’inflammation.

Les usages internes sont très variés : rhumatismes, arthrite, troubles menstruels, maux de gorge, diarrhée, cancer, stimulation du système immunitaire, infections bactériennes, virales, parasitaires ou fongiques, etc.

Même si les fruits mûrs de Noni dégagent une odeur désagréable, plusieurs explorateurs européens ont rapporté que les Polynésiens les consommaient, surtout en période de disette. Les jus et concentrés de Noni du commerce ont généralement subi une transformation qui permet de masquer l'odeur des fruits. Les extraits secs de Noni, présentés sous forme de capsules ou de comprimés, permettent également de pallier cet inconvénient.

Le jus de Noni a connu un essor considérable grâce aux campagnes de promotion des réseaux à paliers multiples le présentant comme une Panacée, ou plutôt un Adaptogène : aux États-Unis les ventes sont passées de 33 millions $ US par an en 1999, à 250 millions $ US en 2007. Le Noni fait l’objet d’une culture commerciale tant dans les îles du Pacifique, comme Tahiti et Hawaï, qu’en Australie et, plus récemment, en Floride.

Jus de Noni : des allégations en attente de preuves scientifiques

Les distributeurs de jus de Noni affirment, dans leurs sites Internet ou sur leurs dépliants publicitaires, que leur produit peut soulager ou guérir de nombreuses maladies comme le cancer et le diabète, en passant par l’hypertension, les allergies, les migraines, sans oublier la maladie d’Alzheimer, la fibromyalgie, l’arthrite et l’obésité... Aucune de ces allégations ne repose sur des données cliniques de qualité, il n'y a que sa qualité d'adaptogène qui offre du levier.

En 2002, un comité scientifique européen s’est penché sur une demande d’autorisation de mise en marché présentée par le fabricant du Tahitian Noni® Juice. Le comité ne s’est pas opposé à la vente de Noni en Europe, mais a précisé : « Bien que certains bénéfices nutritionnels soient prêtés au jus de Noni, les données examinées par le Comité n’ont fourni aucune preuve que ces bénéfices soient supérieurs à ceux d’autres jus de fruits. » La vente de Noni est permise depuis 2003 en Europe, où tout nouvel aliment ou ingrédient doit être approuvé avant d’être mis en marché.

Recherches sur le Noni

Usage traditionnel

  • L’intérêt de la science pour le Noni est relativement récent. Au cours des années 1980, le biochimiste Ralph Heinicke, connu pour ses travaux sur la broméline, mentionnait que le Noni était riche en proxéronine*. Selon lui, cette substance serait transformée par l’organisme en xéronine, un alcaloïde qui jouerait un rôle primordial dans divers processus immunitaires. Toutefois, depuis ce temps, la proxéronine et la xéronine n’ont toujours pas été caractérisées. En revanche, des études in vitro et sur les animaux ont confirmé que des extraits de fruit et de racine pouvaient stimuler le système immunitaire. Les extraits de fruit auraient, en outre, des propriétés antibactériennes, antivirales et antifongiques**.
  • Par ailleurs, des extraits de racine, de feuilles et de fruit testés sur des animaux, ont accéléré la cicatrisation des plaies. Ils ont aussi été capables d’atténuer la sensation de douleur (effet analgésique) et de réduire des oedèmes (effet anti-inflammatoire); ce qui tend à valider certains usages traditionnels de la plante.
  • Les chercheurs ont également relevé dans le Noni des substances antioxydantes, qui pourraient protéger l’organisme contre les dommages du stress oxydatif, en particulier contre la dyslipidémie, et le cancer.

Prévention du Cancer

  • Certaines études in vitro ou sur l’animal donnent à penser que le Noni pourrait jouer un rôle dans la prévention du cancer. Par exemple, des chercheurs ont montré que le jus du fruit pouvait inhiber la formation de nouveaux vaisseaux sanguins (angiogénèse) qui participent au développement des tumeurs cancéreuses. Il peut également stimuler les cellules du système immunitaire chargées d’éliminer les cellules anormales. Enfin, des substances contenues dans le fruit et les feuilles sont capables d’induire le « suicide » des cellules cancéreuses (apoptose). Ces résultats, bien qu’encourageants, ont été obtenus en laboratoire, sur des animaux ou des cellules cancéreuses isolées. D’un point de vue clinique, les données publiées jusqu’à présent ont seulement mis en évidence une activité antioxydante du jus de Noni chez les fumeurs. Elles suggèrent qu’il limiterait, dans une certaine mesure, les effets cancérigènes de la cigarette. Toutefois, ces données sont loin d’être suffisantes pour prétendre que le jus de Noni a un effet anticancéreux.

Autres usages

  • Des essais cliniques isolés et de faible envergure ont rapporté divers bienfaits du Noni. La consommation quotidienne de 120 ml de jus du fruit pendant 3 mois aurait amélioré l’audition et l’état psychologique d’un groupe de 5 femmes en ménopause. Un gel à base d’extraits de feuilles a augmenté la résistance de la peau aux effets nocifs des rayons ultraviolets B38. Et, un extrait de fruit (équivalent à 20 g de fruits séchés) aurait eu une certaine efficacité pour réduire les nausées et les vomissements consécutifs à une opération chirugicale.

Accès thérapeutes :

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