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Historique du Shiitake

En Chine et au Japon, on cultive le Shiitake depuis environ 2 000 ans. Ce champignon est avant tout un ingrédient très apprécié de la cuisine de ces deux pays, mais on l’utilise aussi pour ses propriétés médicinales.
Les Japonais le cultivent encore de façon traditionnelle, c'est-à-dire en ensemençant des billots de bois naturel, tandis qu’en Chine, on privilégie la méthode sur billots de sciure de bois afin de maximiser la récolte et de réduire le risque de déforestation provoqué par l’augmentation considérable de la culture du Shiitake. Dans les années 1980, le Japon était le principal producteur de ce champignon. Mais il a été supplanté par la Chine qui, en 1997, produisait près de 1 400 000 tonnes par an de Shiitake (poids frais), soit 89 % de la récolte mondiale.
Après le champignon de couche (ou champignon de Paris, Agaricus bisporus), le Shiitake est le champignon le plus consommé au monde (en 1997, ces deux champignons représentaient respectivement 31,8 % et 25,4 % de la production mondiale).
Recherches sur le Shiitake
Cancer. Au Japon, on a mené plusieurs essais cliniques avec le lentinane, dans le but de traiter les Cancers de l’estomac qui ne peuvent pas être opérés. Les résultats indiquent qu’il contribue à améliorer la qualité de vie, à stimuler les défenses immunitaires et à prolonger la vie de certains patients s’il est administré par voie intraveineuse et associé à la chimiothérapie. Récemment, des chercheurs japonais ont mis au point une préparation orale du lentinane. Selon des études menées auprès de patients atteints de Cancer colorectal, de Cancer du foie et de Cancer du pancréas, elle possèderait des effets comparables à la forme injectable.
 
    Les propriétés anticancéreuses du Shiitake ont également intéressé une équipe de chercheurs américains qui ont testé un extrait de mycélium (SME®) auprès de 61 volontaires atteints d'un Cancer de la prostate. À l’issue du traitement (8 g par jour durant 6 mois), les chercheurs ont mesuré le taux sanguin de l’antigène prostatique spécifique (un indicateur du Cancer de la prostate). Ils n’ont constaté de diminution chez aucun des participants et ont observé une progression de la maladie chez 23 d’entre eux; ce qui a amené les chercheurs à conclure à l’inefficacité du Shiitake pour traiter ce type de Cancer.
 
   Plusieurs études prospectives et épidémiologiques ont démontré qu’une consommation élevée de fruits et de légumes diminuait le risque de maladies cardiovasculaires, de certains Cancers et d’autres maladies chroniques. Quelques mécanismes d’action ont été proposés pour expliquer cet effet protecteur. La présence d’antioxydants dans les fruits et les légumes pourrait jouer un rôle.
  
   Antioxydants. Les antioxydants sont des composés qui protègent les cellules du corps des dommages causés par les radicaux libres. Ces derniers sont des molécules très réactives qui seraient impliquées dans le développement des maladies cardiovasculaires, de certains Cancers et d’autres maladies liées au vieillissement. Quelques études ont révélé que les extraits de Shiitake démontrent une certaine capacité antioxydante reliée, entre autres, à leur contenu en composés phénoliques. Les composés phénoliques sont des substances antioxydantes que l’on trouve dans les aliments d’origine végétale. Ils contribuent en partie à la coloration des fruits et des légumes. Selon une étude récente, le Shiitake provenant de Taiwan se classe au cinquième rang quant à son activité antioxydante, parmi 25 légumes typiques de cette région. Il semble que l’activité antioxydante du Shiitake soit directement reliée à son contenu en composés phénoliques. Précisons que dans cette étude, les légumes analysés étaient sous forme d’extrait. Une autre étude rapporte que le contenu en composés phénoliques du Shiitake frais, tout comme celui des champignons communs cultivés en Finlande, serait faible. Plusieurs facteurs influencent le contenu en composés antioxydants des champignons, tels leur degré de maturité et les conditions dans lesquelles ils ont été cultivés.
 
   Finalement, la chaleur augmenterait de façon significative l’activité antioxydante du Shiitake, par la formation de nouveaux composés.
  
   Lentinane. Le Shiitake contient du lentinane, un sucre complexe (polysaccharide) possédant une activité antitumorale selon des études réalisées in vitro et chez l’animal, particulièrement dans le cas du Cancer du côlon. En effet, ce composé est actuellement utilisé comme thérapie adjuvante aux traitements classiques contre le Cancer (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie), surtout au Japon et en Chine. Complexes, les mécanismes concernés relèvent principalement de la stimulation du système immunitaire, ce qui pourrait aider à prévenir la formation des cellules cancéreuses. Il faut cependant faire la distinction entre les effets du lentinane — le composé en tant que tel — et les propriétés anticancer des aliments qui en contiennent (ici le Shiitake). En fait, la consommation de Shiitake et ses conséquences sur la santé humaine ont été peu étudiées. Les champignons entiers contiennent de nombreux constituants susceptibles d’interagir entre eux afin de prévenir l’apparition du Cancer. Voilà pourquoi la recherche ne doit pas seulement se concentrer sur l’effet d’un seul constituant isolé, mais également sur l’effet que peut procurer la consommation de champignons entiers ou sous forme d’extrait. À l’heure actuelle, les études sur le sujet sont peu nombreuses.
  
    Une étude épidémiologique réalisée au Japon n’a pu démontrer d’association significative entre la consommation de Shiitake et la diminution du risque de Cancer gastro-intestinal. Les résultats d’une étude réalisée chez des hommes atteints du Cancer de la prostate se sont avérés non concluants à la suite d’un traitement aux extraits de Shiitake. À la lumière des résultats actuels, il n’est pas possible de savoir si la consommation de Shiitake est bénéfique pour la prévention du Cancer et si tel est le cas, quelle quantité de Shiitake doit être consommée pour apporter des effets protecteurs. Les recherches se poursuivent afin de mieux comprendre ses mécanismes d’action.
 
   Activité antimicrobienne. De façon générale, les champignons contiennent des composés antibactériens et antifongiques qui sont essentiels à leur survie dans leur environnement naturel. Ainsi, certaines molécules démontrant des activités antimicrobiennes sont isolées de divers champignons et étudiées pour leurs effets potentiels sur la santé. Le Shiitake contient quelques substances (telles le lentinane, la lenthionine et l’acide oxalique) qui démontrent des effets antibactériens et antifongiques in vitro. Des extraits de Shiitake pourraient ainsi être utiles dans la prévention des caries dentaires et des périodontites par exemple. Par contre, on ne sait pas si la consommation de Shiitake entier pourrait être associée à de tels effets, ni même les quantités qui seraient nécessaires.

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